Peinture anonyme d’une Résurrection

Conservation-restauration d’une peinture sur toile, marouflée sur bois

Il s’agit d’une représentation de la résurrection du Christ. Il est cerclé de rayons divins et s’élève au dessus du tombeau ouvert, dont le couvercle est tenu par un ange, à gauche de la composition. En bas de la scène, dans les angles, deux soldats sont figurés, qui ne semblent pas porter attention au miracle.

Il s’agit d’une peinture sur toile, non vernie, marouflée sur bois. Le liant de la couche picturale est probablement à base de cire. Cette peinture semble avoir été remaniée et le support bois n’est vraisemblablement pas d’origine. La facture plus « grossière » du manteau et de la bannière laissent à penser que certaines parties ont été repeintes au cours de l’histoire de cette peinture. De la même façon, on remarque sur l’ensemble de l’œuvre une couche de peinture grise qui semble détourer le personnage du Christ . Et sur cette couche grise, une phrase a été inscrite (difficile à déchiffrer…).

Au cours de la restauration nous n’avons pas souhaité choisir une couche au détriment d’une autre car il est important de garder les traces des transformations de cet objet. D’autant que cela aurait impliqué de retirer cette fameuse inscription, ce qui paraît anti-déontologique. Il a donc été suggéré d’atténuer la couche grise (par retouche à l’aquarelle) lorsque celle-ci gênait la lecture du sujet principal.

La surface était légèrement empoussiérée. La couche picturale était lacunaire, avec des pertes d’écailles notamment dans le buste du Christ, dans les angles et sur le pourtour de la toile. Les écailles ont emporté à la fois la couche picturale et la préparation.

Tout autour du personnage du Christ, la peinture était très abrasée, laissant apparaître la préparation. Les manques étaient assez importants et rendaient difficile la compréhension de l’iconographie. Le personnage de l’ange et le soldat à gauche de la composition étaient presque illisibles.

Dans les angles (supérieur gauche et inférieur droit) le support toile était manquant et la toile avait tendance à se décoller légèrement. Cependant, la cohésion et l’adhérence de la couche picturale au support était saine et ne nécessitait pas d’intervention de refixage généralisé.

Interventions:

Nettoyage de la couche picturale. Refixage du pourtour de la toile sur le support bois. Incrustation de toile de chanvre dans les angles manquants. Masticage des lacunes de peinture et retouche des mastics à l’aquarelle. Réintégration picturale dans les zones où la peinture est abrasée.